Sous le tropique du Capricorne

Les contrastes de la Vallée Sacrée

03:06, 7/10/2007 .. Publié dans 02 Le Pérou .. 1 commentaires .. Lien

En une semaine, nous sommes passés du Pérou à l'infrastrucutre touristique rôdée et efficace pour accueillir le millier de touristes qui visitent chaque jour le Machu-Picchu aux vallées du Pérou oubliées de tous que nous avons découvert en trek.

Le Machu-Picchu vaut autant par le genie architectural des incas qui fondèrent cette cité il y a près de 600 ans, que par sa situation au sommet d'un piton rocheux. On y accède comme tout le monde par le train très couteux pour le budget routard que l'on a, puis un bus-navette qui gravit la montagne et dont on aurait aimé voir le prix en soles et non en dollars!! L'enceinte de la ville franchie, on se prend à imaginer la vie des Incas qui plantèrent sur ces parois inhospitalières maïs et pommes de terre grâce aux terrasses habilement faites. L'ascension du Wayna Picchu, le fameux pain de sucre qui domine les ruines nous permet de contempler d'encore plus haut cette merveille.

Revenus de cette visite incontournable, nous voici décidés à randonner dans une vallée loin de tout. Partis de bon matin, il nous faut attendre deux heures pour trouver un éventuel mini bus ou camion qui devrait se rendre au départ du trek. Au village, Juan le muletier contacté par un genre de télephone arabe péruvien nous attend. La vallée que nous découvrons est aride et battue par les vents. Le premier soir, nous avons la chance d'être accueillis par sa soeur qui habite une modeste hutte de pierre au toit de paille, sans electricité et sans eau courante. Ils vivent dans cette unique pièce sombre, dont la seule ouverture est la porte. A l'intérieur, le feu alimenté en partie par des crottes de lamas séchées nous enfume car la fumée ne peut s'échapper que par les interstices qui subsistent entre les pierres entassées. Tout est recouvert d'une gange de suie. Les cochons d'Inde qui serviront peut-être pour un futur repas trottent à nos pieds, sur le sol en terre battue. A part les tasses métalliques accrochées, quelques ustensils en plastique et la radio qui grésille, on aurait très bien pu se croire au moyen-âge. La famille ne se nourrit exclusivement que de pommes de terre, matin, midi et soir (2 tonnes par personne et par an) qu'ils cultivent sur les flancs de la montagne qu'ils labourent à la houe. La mère âgée de 32 ans a déjà 5 enfants et ne parle que le Quechua. Seule la fille de 10 ans va à l'école à une heure de marche de sa maison. Dans la cour, leurs enfants jouent avec Lisa et Agathe sur le sol est maculé de crottes des moutons. Une autre petite hutte abrite le dortoir... des peaux de moutons à même le sol.... Ils se rendent une fois par mois au village, à deux jours de cheval, pour échanger des pommes de terre contre du maïs qui servira à épaissir la soupe. Ils vont chercher une fois par mois du bois dans la forêt la plus proche à deux jours de marche. Les quelques provisions (Nescafé, soupes chinoises, sachets de thé) qu'on leur laisse les ravient. Le ruisseau qui coule à deux pas de la maison leur donne de l'eau mais ne leur sert pas à la toilette, leur hygiène est inexistante !

 

Le lendemain, nous poursuivons notre chemin parmi les lamas et rencontrons quelques bergers. La nuit suivante, nous sommes très génés par l'odeur de la cabane à proximité de notre tente, là où vivent une famille parmi les cochons... Le dernier jour, nous avons le sentiment de revenir à notre époque à l'approche du village d'où partent des minibus qui rejoignent la route principale. Et c'est encore 5 heures de bus pour faire les 100 km qui nous séparent de Cuzco dont la moitié de piste cahoteuse qui achèvent cette randonnée unique, dans cette vallée oubliée du monde.


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Réponse

23:17, 8/10/2007 .. Publié par GrandsParentsT
NosChéris,
Vos messages sont passionnants. Nous les lisons et relisons avidement. Nous avons imprimé textes et photos et envoyé à Jeannine. Finalement vous êtes bien allés à Machu-Picchu, tant mieux c'est saisissant non ? En plus l'ascension du Wayny Picchu par beau temps ...quel bonus !
Nous ne nous souvenons pas de cette grande pierre où l'on ressent les vibrations ou ondes cosmiques.
Nous avons frémi de pitié à votre description de ces pauvres parmi les pauvres qui vivent misérablement loin de tout et sans le minimum de subsistance et pourtant ...ils vivent. Agathe et Lisa doivent être fort perplexes à leur sujet. Continuez vos découvertes et vos bons courriels.
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Jean-Francois et Genevieve

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