Sous le tropique du Capricorne

Le Salar d'Uyuni

19/11/2007 .. Publié dans 03 La Bolivie .. 2 commentaires .. Lien

Le salar d'Uyuni est sans aucun doute le must de la Bolivie... Ce désert grand comme l'île de France et d'une épaisseur de 120 mètres de sel s'étale comme une mer blanche à l'infini. Nous l'avons traversé en 4*4 et fait l'ascension d'un volcan qui émerge du salar. Toujours plus au sud, en direction du Chili, on atteint le Sud Lipez, alternance de paysages volcaniques et de différents déserts de sable et de roches. On longe des lacs d'altitude aux couleurs variées, allant du vert au rouge, repères des flamants roses et des vigognes. Après avoir admiré les geysers et fumeroles au lever du jour, on avons apprécié la baignade dans des bassins d'eau chaude naturelle, alors que la température ambiante était négative.

Après avoir été secoué pendant 3 jours dans le 4*4, lorsque nous sommes arrivés à la douane du Chili, nous avons été de nouveau secoués par une réplique sismique du tremblement de terre qui avait sévi vers la côte pacifique. Une impression étrange comme si la terre tanguait comme un bateau... Aucun dégât majeur n'a été à déplorer.




Au fond de la mine

19/11/2007 .. Publié dans 03 La Bolivie .. 0 commentaires .. Lien

La ville de Potosi fit la richesse des espagnols par la présence des mines d'argent exploités depuis 500 ans. On y a extrait suffisamment d’argent pour paver l’équivalent d’une route à deux voies entre la Bolivie et l’Espagne. Au 17ème, 96000 mineurs y travaillaient, les conditions de travail étaient telles que depuis sa découverte, 6 millions de personnes y périrent. Elles restent en activité bien que les filons d'argent pur soient épuisés. On y trouve encore mélangés de l’argent, du cuivre, du zinc et de l'étain.

Équipés de bottes, casque et combinaison, nous voici partis au fond de la mine... non sans un entraînement préalable au maniement du TNT avec démonstration à l'appui: une explosion en live à l'extérieur de la mine. Il convient avant d'entrer dans le ventre du Cerro Rico (riche montagne) de faire une halte au magasin pour acheter des sachets de feuilles de coca, des cigarettes artisanales, de l'alcool de canne à sucre à 96 degrés (le matériel des mineurs) et de la dynamite qu’on leur offrira.

En fait, rien n'a vraiment changé depuis le 16ème siècle... beaucoup de mineurs travaillent encore au marteau et au burin, ils descendent dans les puits à l’aide de cordes. Ils commencent à travailler à 13 ans ! La pénibilité du travail à cette altitude de 4200 m. fait que l'espérance de vie ne dépasse pas 40 à 45 ans. De plus, la pollution de la ville est importante en raison de la présence en ville des usines de traitement des métaux, qui utilisent des produits chimiques très toxiques.

Les filles ont été très émues de découvrir le travail de la mine et amusant de jouer avec le TNT comme de la pâte à modeler ! Leur formation est assurée, elles pourront travailler en Corse !




L’ascension du Huyana Potosí, 6088 m.

17/11/2007 .. Publié dans 03 La Bolivie .. 3 commentaires .. Lien

Avec ses 3600 mètres d’altitude, La Paz détient le record de la plus haute capitales du monde. La ville entourée de nombreux sommets qui culminent à plus de 6000 mètres est le rendez-vous des alpinistes du monde entier. De nombreuses agences organisent des ascensions et fournissent guide et matériel. En somme, il suffit de pousser la porte d’une de ces officines pour se retrouver au sommet. Depuis quatre semaines que nous sommes à des altitudes supérieures à 3500 métres, mon corps est parfaitement acclimaté. Je me suis habitué à trouver normal d’être éssoufflé en me savonnant sous la douche, à reprendre mon souffle à chaque étage, à perdre haleine dans les moindres montées. Nous partons en 4*4 en direction du Huyana Potosi.

Arrivés au refuge à 4750 mètres, je bourre rapidement tout le matériel d'alpinisme dans le sac à dos et sous une pluie fine, j'emboîte le pas de Feliciano, mon guide bolivien. Au fil des heures, le sac me semble terriblement lourd. J'ai peine à imaginer le paysage car la visibilité est nulle et la pluie s'est maintenant transformée en neige. En fin d'après-midi, le refuge d'altitude surgit des nuages comme un module spatial abandonné sur un bout de rocher à 5200 m. d'altitude. Je suis vanné et béni, cette bouée de sauvetage au milieu de cet océan blanc. Effondré sur un paillasse, je regarde béatement Féliciano qui fait fondre la neige pour préparer le dîner. Malgré ce mal de ventre qui ne fait qu'empirer, je ne force à manger en prévision de l'effort à venir. Sitôt la dernière bouchée enfournée, nous nous glissons dans les sacs de couchage. Il n'est que 18 h. mais je tombe de sommeil. Certain de m'endormir dans la minute qui suit, je ne prends pas le somnifère que j'ai emporté pour lutter contre l'insomnie très fréquente à cette altitude. Durant la nuit, j’ai le ventre dur et gonflé comme une vache crevée et j’ai les épaules meurtries par les bretelles du sac à dos. Les heures s’égrennent à écouter les rafales de vent qui fouettent et résonnent sur le refuge. Persuadé que le mauvais temps nous empéchera de partir, j’attends la sonnerie du réveil à minuit pour enfin commencer ma nuit. La sonnerie retentit , Féliciano se lève, enfile sa combinaison, va pisser et revient couvert de neige en disant « Pas de chance avec le temps, mais on va quand même monter des fois que ça se lève ! ».

Minuit trente, nous voici partis tous les deux, crampons aux pieds, à la lueur de nos lampes frontales pour 7 heures d’ascension vers le sommet à 6088 m. Un quart d’heure après le départ, j’ai les jambes en coton, je vomis et ne peux plus avancer. Les bourrasques de neige qui me cinglent le visage, me donnent un coup de fouet pour me faire repartir. On enfonce jusqu’aux genoux dans le neige fraîche qui ralentit notre progression déjà bien lente. Tous les 20 pas, je m’arrête pour reprendre péniblement mon souffle. Impossible de respirer par le nez, la bouche grand’ouverte, cet air vide ne me remplit pas les poumons. A 5800 mètres, je ne peux plus garder les yeux ouverts, épuisé, paupières closes, je vois encore tomber la neige, non... je vois 36 chandelles. Mes voyants sont dans le rouge depuis longtemps. Après un long moment de réflexion, je donne l’ordre à Feliciano de redescendre.

De retour au refuge où Sylvie attend avec les enfants, le guide, après une courte pause repart avec Sylvie pour tenter l’ascension, pendant que je ferai l’école aux enfants. Le temps s’est levé, Sylvie peut sans doute admirer les paysages grandioses. Je la sais en forme et motivée et suis certain que l’altitude ne l’handicapera pas comme moi. Je n’ai de ses nouvelles que le lendemain, avec le retour des premières cordées qui ont rebroussé chemin, ils m’annoncent que Sylvie a été la seule à continuer jusqu’au sommet. Avec les enfants, on part à sa rencontre pour lui apporter de l’eau, du chocolat. En route, les enfants lui cueillent un bouquet de fleurs séchées pour fêter sa réussite. Elle arrive, les traits à peine tirés après ce rude effort. Je suis heureux et fier qu’elle ait pu faire 200 mètres de plus que moi, car ces mètres-là, il faut aller les chercher au fond de soi. Bravo Sylvie !




Kid’s Jungle Raid

12/11/2007 .. Publié dans 03 La Bolivie .. 4 commentaires .. Lien

Nous retrouvons nos deux petites aventurières parties dans l'Amazonie bolivienne... Ne s'attardant pas sur les conditions difficiles dûes à la chaleur ettouffante, les moustiques et autres bébêtes piquantes, le confort très sommaire des cabanes où nous dormions,  Lisa et Agathe nous ont encore bluffées par leur assurance, leur courage et leur curiosité.

Au programme des réjouissances: observation de la faune abondante en pirogue sur une rivière très appréciée des alligators. Chasse à l'anaconda dans des marécages où elles avaient de l'eau jusqu'à mi-cuisse, quelle joie lorsque Lisa a pu porter en écharpe un specimen de un mètre cinquante! Pêche aux piranhas pendant laquelle Agathe s'est réjouie d'en avoir péchés deux qu'elle a pu déguster au dîner. Baignade dans la rivière boueuse où, à défaut de dauphins roses qui n'étaient pas au rendez-vous, nous avons tenu compagnie à Pédro, un charmant alligator que connaissait bien notre guide et qui s'est tenu à carreaux pendant que Lisa et Agathe barbotaient.... Réveil à 5h. du matin, pour aller écouter au lever du soleil la jungle s'éveiller et s'émerveiller des grondements des singes et des chants des oiseaux!

N'étant pas rassasiées de ces expériences, nous les avons emmenées dans une autre forêt où elles ont découvert les vertus médicinales des arbres, appris à manier les arcs et flèches des indigènes vivant encore ici, observé le retour des perroquets au bercail à la tombée du jour, marché en pleine nuit en quête d'animaux...

Ce kid's raid s'est cloturé en beauté par un retour épique vers La Paz en 15 heures en jeep sur une piste de terre en pleine nuit.... là elles étaient cuites et nous aussi !




Vol au-dessus de la jungle

11/11/2007 .. Publié dans 03 La Bolivie .. 0 commentaires .. Lien

Le vol est retardé au départ de La Paz. Il nous faut attendre on ne sait combien de temps. Quand enfin, la dizaine de passagers embarque dans le petit bimoteur à hélices, nous sommes tout excités. Nous allons survoler l'Amazonie en direction de Rurrenabaque, un petit bourg perdue au coeur de la jungle amazonienne. Dès que l'avion perce le plafond des nuages, des trous d'air rappellent le frisson des grands huits et arrachent aux passagers des cris d'effroi. Puis on est secoué comme dans un 4*4 roulant sur une piste défoncée. Les petits sacs plastique sont dégainés des dossiers... et l'odeur est rapidement nauséabonde. Pas d'inquiétude, tout va bien. Je constate par la porte du cockpit ouverte que le pilote a réussi à s'endormir dans ce shaker, la tête pendante sur le côté. Le co-pilote annonce l'atterrissage imminent. Le pilote se réveille, s'étire et pose l'appareil sur cette petite piste de terre taillée dans la jungle. En sortant, nous lui demandons s'il a bien dormi... Bref, un vol sans encombre qui a rappelé aux enfants les attractions de Disney.




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