Sous le tropique du Capricorne | |
La Patagonie côté argentinLa Patagonie n'est pas qu'un paradis fiscal pour Florent Pagny. C'est aussi une immense région où vient mourir la Cordillère des Andes, dans une apothéose de multiples glaciers, lacs turquoises, sommets abruptes et plaines infinies. Pour nous, c'est le paradis de la randonnée. Première destination: le Parc du Fitz Roy, la Mecque des alpinistes. Les films et les récits de ses ascensions sublimes ont fait rêver le grimpeur que je suis. Arrivés au village d'El Chalten, nous avons été contraints à un repos forcé de deux jours, tellement les violentes rafales de vent et la pluie nous empêchaient de sortir. A défaut d'escalade sur cette montagne réputée comme étant la plus difficile du monde, nous parcourons le parc jusqu'aux pieds des faces vertigineuses du Fitz Roy. Malgré la fatigue des journées de marche de 7 heures, Lisa et Agathe s'extasiaient encore au pied des sommets grandioses et réclamaient de partir plus longtemps. Elles vont finir par nous épuiser...
Ushuaïa... au bout du mondeUshuaïa, la ville la plus australe de la planète, lieu de l'imaginaire, surtout pour nous les petits français, depuis que Nicolas Hulot en a fait son emblème. Il est vrai qu'on ne passe pas par Ushuaïa par hasard et qu'il faut vraiment avoir envie d'y aller. Tout comme les goulags en Sibérie, Ushuaïa était au début du siècle une colonie pénitentiaire pour les détenus récidivistes qui ne risquaient pas de s'échapper d'ici. Les prisonniers ont en grande partie construit routes, voies de chemin de fer... et aussi leur propre prison. Nous atteignons cette ville après 32 heures de bus d'affilée depuis la Péninsule de Valdès. Alors que nous imaginions Ushuaïa comme un village endormi, nous découvrons une ville en plein développement, hyper touristique composée de boutiques de mode et d'hôtels. C'est une destination branchée pour tous les américains. Ici, tout est cher et les routards que nous sommes grincent des dents. Délaissant les multiples excursions sportives payantes, c'est à pied dans la boue que nous découvrons la région battue par les vents. Au cours du même journée, nous passons par toutes les saisons... sauf l'été. Les paysages baignés d'une lumière arctique sont peu spectaculaires mais nous touchent par leur austérité et leur puissance. Le soleil n'en finit pas de se coucher sur ces terres sombres. Une ambiance qui nous rappelle notre premier voyage ensemble au Gröenland. Notre 100ème jour de voyagePour ce jour particulier, la Nature nous a offert un spectacle fabuleux : le grand ballet des baleines... Partis de bon matin, nous atteignons la Pénisule de Valdès, dont les eaux abritent de nombreuses baleines franches. Embarqués sur un zodiac, nous découvrons, les yeux ronds comme des billes, les évolutions d'une baleine jouant avec son petit. Elle semble nous saluer de sa nageoire et se laisse approcher, passant ses 18 mètres sous notre petit bateau. Avant de la quitter, elle plonge à la verticale et nous offre le spectacle de sa queue disparaissant dans l'eau. Nous sommes émus de sa grâce mêlée de puissance. Le lendemain, nous partons vers le sud, à la rencontre des pingouins qui nichent sur une plage. 300.000 pingouins ont choisi cet endroit et la terre se trouve percée de milliers de nids... On se promène parmi les nids où les mamans couvent leur nouveau-né au plumage gris foncé. Et ils marchent tranquilles de la plage à leur nid, sans se préoccuper de notre présence parmi eux. Leur démarche et leurs attitudes nonchalantes nous amusent beaucoup. En route à présent vers Ushuaïa... à suivre Les plaisirs de l'ArgentineLa voyageuse occidentale et citadine que je suis, après trois mois passés au Pérou et en Bolivie avait oublié quelques plaisirs simples... quel étonnement de constater que de l'eau chaude peut couler des lavabos et que l'on peut se doucher l'esprit tranquille sans risquer de s'électrocuter avec des systèmes artisanaux de douches électriques typiquement boliviennes. Agathe me confirmait du haut de ses 7 ans lors du passage aux premières toilettes argentines que "le niveau d'hygiène est bien plus propre en Argentine!". On prend même plaisir à passer 18 heures dans des bus-couchettes top confort sur des routes enfin asphaltées comme des rubans bien lisses. Les trottoirs nous laissent tout loisir de marcher le nez en l'air sans craindre de se tordre la cheville ou de tomber dans une bouche d'égout... Enfin, les papilles gustatives sont récompensées d'avoir supporté pendant un trimestre un régime quasi constant de soupe-poulet-riz, en redécouvrant la douceur et le fondant de la viande rouge agrémentée de quelques légumes vapeur et d'un bon verre de rouge... de quoi reprendre les kilos laissés là-bas au gré du manque d'appetit et de visites ponctuelles de turistas. Une petite dose de gaz carbonique à Buenos Aires ne nuit pas à mon plaisir d'arpenter des rues vivantes, de rêver devant les vitrines de magasins super branchés et de profiter du charme d'une ville multicolore... Un peu d'Occident, ça repose de temps en temps... |
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